• Fede Montagud, editor

    L’Europe interdit l’expérimentation animale pour les cosmétiques

    25 Mar L’Europe interdit l’expérimentation animale pour les cosmétiques

     

    Sources:

    BBC News

    Ce mois de mars a vu entrer en vigueur, dans les 27 pays de la Communauté Européenne, l’interdiction de commercialiser des produits cosmétiques dont le développement aura impliqué des expériences sur des animaux. La Commission s’est engagée à soutenir des méthodes alternatives pour la réalisation de tests de toxicité ou de rendement des ingrédients cosmétiques, et à promouvoir l’adoption de la réglementation européenne par d’autres pays.

     

    Si déjà en 1996, une pétition recueillant quatre millions de signatures était présentée à la Commission Européenne afin de réclamer la cessation des tests sur des animaux vivants, cette décision récente est la conséquence directe d’un processus que l’Union Européenne a débuté en 2003, fixant un délai de 10 ans pour arriver à l’interdiction totale. Les associations européennes contre la maltraitance animale ont célébré la nouvelle comme une grande victoire pour la défense de la dignité des animaux.

    L’expérimentation animale est le moyen traditionnel de vérifier si un ingrédient donné pourrait être nocif pour l’homme avant de l’incorporer à la formule d’un produit cosmétique. Le processus pour autoriser l’utilisation de n’importe quel ingrédient consiste à le tester tout d’abord en laboratoire (in vitro) puis sur des animaux, généralement des rats, des cobayes ou des lapins (in vivo). Finalement, si le produit n’a présenté aucun problème au cours de ces phases, des tests contrôlés sont menés sur des volontaires.

    Cette interdiction a été appliquée en phases successives à partir de 2003. Par exemple, jusqu’à un moment donné, il n’était pas interdit d’utiliser des ingrédients importés de pays autorisant l’expérimentation animale (les États-Unis, par exemple). Et si la première interdiction générale d’utiliser des animaux pour la réalisation de tests est appliquée depuis 2009, elle ne comprenait pas jusqu’à présent les cas de toxicités accumulatives qui pourraient être à l’origine de cancers chez l’homme.

    L’objectif de la Commission Européenne est de fomenter la recherche de méthodes alternatives et, pour cela, elle a assigné environ 238 millions d’euros à ce type d’investigations entre 2007 et 2011. L’industrie des cosmétiques y a elle aussi contribué, par exemple avec le cofinancement de l’initiative SEURAT-1 à hauteur de 25 millions d’euros.

    Cependant, le secteur cosmétique craint que cette nouvelle situation le désavantage face à ses concurrents américains ou asiatiques, qui ne sont pas affectés par l’interdiction, car les tests sur des animaux sont d’un coût élevé mais connu, tandis que les méthodes alternatives sont encore expérimentales.

    D’autre part, ces progrès permettront peut-être à l’avenir d’éviter également l’expérimentation animale pour la recherche et le développement de nouveaux médicaments qui, pour l’instant, ne tombent pas sous le coup de cette récente interdiction.

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